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Fiction-documentaire
A l'automne 2007, Dalila Fraihia et quelques autres membres de Grand Ensemble partent pour une visite impromptue du quartier où elle a grandi : l’usine de la soie artificielle, entourée de ses logements pour les différentes catégories de personnel. Elle habitait les grandes cités TASE, destinées aux ouvriers où chaque famille disposait d’une parcelle pour jardiner.
Tout près de là, le centre commercial du Carré de Soie sort de terre et l'usine TASE n'en finit pas de s'effondrer. Les habitants sont consultés par les pouvoirs publics sur la suite des opérations et le devenir du quartier.
Le projet est né de la découverte du petit carré de terre laissé vacant par la mère de Dalila. Il devient pour nous lieu de jardinage, mais aussi d’observation, point de vue particulier pour regarder ce quartier et ses mutations. Point de départ d’une recherche pour inventer un objet cinématographique apte à raconter les traces et le devenir d’un quartier ouvrier, polyphonie que nous voulons faire entendre en n’oubliant aucune des voix qui pourraient la chanter.
Pour écrire cette histoire nous collectons des fragments de toute sorte, issus du réel et de la trame mouvante du souvenir. La forme finale imaginée est celle d’une œuvre-mosaïque composée de fragments documentaires filmés dans les jardins, de séquences de concertation publique remises en scène pour notre caméra, d’images -virtuelles ou non- du pôle de commerce et de loisirs et les épisodes d’un conte urbain écrit par Dalila à partir de ses souvenirs d'enfance.
Nous avançons au fil des rencontres, sans à priori, sans obligation de résultats, sans forme imposée. Avec de tous petits moyens, nous poursuivons cette création de manière légère et obstinée. Les haltes dans les structures-amies qui jalonnent le parcours nous permettent des essais de mise en forme.
>En octobre 2008 dans le Théâtre Temporaire de Fenil Hirsute, nous avions tenté une première esquisse de la forme mosaïque, pour sentir comment tous ces matériaux composites pouvaient tenir ensemble.
>En octobre 2009, à la Bibliothèque Chassine à Vaulx-en-Velin. Nous avons organisé une lecture-projection autour des jardins ouvriers du quartier de la TASE à Vaulx-en-Velin "Un carré à soi" : en préfiguration de la résidence à Ramdam
> à Ramdam, où nous nous sommes posés un peu plus longuement, nous avons cherché comment entrelacer l’image documentaire et la voix de la conteuse sur scène. Deux musiciens nous ont accompagné dans cette recherche. Nous avons présenté à l'issue de la résidence en novembre 2009 un essai d’écriture scénique qui mêle images documentaires, conte urbain, guitare basse et clarinette.
> la dernière étape a eu lieu à Komplex Kapharnaüm, à l'automne 2010, avec la reconstitution, sous forme jouée, les concertations publiques qui ont précédé la construction du centre commercial.
Le propos du film a été élaboré collectivement au cours de deux mois d’atelier de jeu dramatique. Les comédiens ont improvisé à partir d’une trame argumentative issue d'une concertation ayant eu lieu réellement et ont inventé les personnages fictifs qu’ils ont incarnés à l’écran.
* Déconcertation est ainsi (très) librement inspirée de la synthèse de réunions publiques ayant précédé la construction du « Carré de soie » en ligne sur le site du Grand Lyon :http://www.grandlyon.com/fileadmin/user_upload/Pdf/vie_democratique/concertation_projets/CdS_synthese_concertat_0405.pdf Déconcertion est issu du " laboratoire documentaire de Grand ensemble"
et a été soutenu par la Région Rhône Alpes (FIACRE) et la DRAC Rhône-Alpes.
Les partenaires
KompleXKapharnaüm : accueil en résidence dans le cadre de l'appel à projet EnCourS.
Centre social et culturel J&J Peyri, Vaulx-en-Velin.
Le monde REEL, Vaulx-en-Velin.
CCO- centre culturel oecuménique, Villeurbanne
Comité de quartier TEC, Comité de quartier Villeurbanne les Brosses.
Robins des villes
Quelques photos du tournage qui a eu lieu les 20 et 21 novembre 2010






