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Novembre 2018
Cinq rendez-vous dans le cadre de la Biennale TRACES

Grand ensemble développe depuis plusieurs années une plateforme Internet pour les mémoires de la guerre d’indépendance algérienne. L’alimentation de cet espace en ligne est liée à différents travaux de recherche ancrés dans une démarche d’éducation populaire. Nous partageons ainsi régulièrement nos questions lors de temps de restitution et d’échanges. Cinq rendez-vous sont proposés dans le cadre de TRACES 2018, permettant notamment d’explorer les problématiques des post-mémoires ainsi que des questions spécifiques liées à la mémoire des anciens soldats supplétifs algériens et de leur famille.

  • Vendredi 09 novembre 2018, 17 h et 18 h 30
    Vous avez dit Harkis ?
    Soldats algériens dans l’armée française, XIX-XXe siècles

    Médiathèque du Tonkin

Harkis est l’exemple même du mot qui échappe à sa définition initiale précise pour prendre, par le jeu mouvant des configurations politiques et mémorielles, d’autres significations. Il est donc important de ramener le mot à son sens premier pour mesurer l’ampleur du drame qu’il recouvre dans le contexte très particulier de la longue colonisation de l’Algérie et de la guerre par laquelle elle prend fin.

17 h – Projection d’un épisode de Mémoires vives
Rencontre avec Zahia Akardjoudje, préparée et filmée par les élèves du lycée Carrel (Lyon 3ème) durant l’année scolaire 2017-2018.

Zahia Akardjoudje, préparée et filmée par les élèves du lycée Carrel (Lyon 3ème)

Zahia Akardjoudje et les élèves du lycée Carrel (Lyon 3ème)

 Zahia Akardjoudje nous livre son témoignage d’enfant algérienne marquée par la guerre d’indépendance tout en évoquant le dur destin de son père, ancien combattant engagé dans l’armée française.

Zahia Akardjoudje est née en 1956 en Algérie, dans un quartier périphérique de Bougie, actuellement Bejaï. Son père, Algérien engagé dans l’armée française de 1939 à 1955, est rappelé à plusieurs reprises pendant la guerre d’indépendance algérienne. Pour elle, la guerre est un souvenir d’enfance douloureux qui commence surtout en 1962 lorsque son père est arrêté, emprisonné et que la famille subit insultes et privations.

18 h 30 – Rencontre avec l’historien Abderahmen Moumen
Docteur en Histoire, Abderahmen Moumen est chercheur associé au Centre de Recherches Historiques sur les Sociétés Méditerranéennes. Il travaille sur l’histoire des populations en Algérie, la Guerre d’Algérie et les mouvements migratoires entre l’Algérie et la France (plus précisément les migrations d’ordre politique). Il est actuellement chargé de mission auprès de l’ONAC.

Médiathèque du Tonkin
2 bis, Allée du Lys Orange, 69100 Villeurbanne
métro A ou B, arrêt Charpennes ; tramway T1 ou T4, arrêt Tonkin ; bus C2, 69,70, arrêt Tonkin ; bus C26, arrêt Condorcet ; station Vélov’ Tonkin.
Participation : entrée libre


  • Mercredi 14 novembre 2018, 18 h
    La marche pour l’égalité de 1983, un moment singulier d’émergence et de reconnaissance des mémoires de la guerre d’indépendance algérienne.
    Rencontre avec les historiens Daniel A. Gordon et Tramor Quemeneur.
    Mairie du 1er arrondissement de Lyon

© ALAIN BIZOS / AGENCE VU

Dans quelle mesure la marche de 1983 porte-t-elle un héritage de la guerre d’Algérie ? Dans quelle mesure cette marche a-t-elle permis l’émergence de la mémoire de cette guerre ? C’est à ces questions que nous vous proposons de venir réfléchir au cours d’une soirée d’échanges, avec l’éclairage des historiens Daniel A. Gordon et Tramor Quemeneur.

Daniel A. Gordon interviendra sur le magazine Sans frontière, qui était très proche de la Marche pour l’égalité et qui traitait également de la guerre d’Algérie.

Tramor Quemeneur traitera de l’action de l’abbé Carteron et du Prado pendant la guerre d’Algérie, de la mémoire des marches non-violentes contre cette guerre, qui ont été réinvesties en 1983, notamment au travers de figures comme le Père Delorme ou encore le Pasteur Jean Costil.

Mairie du 1er arrondissement de Lyon
2, place Sathonay
69001 Lyon
Participation : entrée libre


  • Mardi 20 novembre 2018, 19 h
    L’émergence de l’expression mémorielle des enfants de soldats supplétifs algériens.
    CCO Jean-Pierre Lachaize

Rivesaltes_1963_depart_du_camp_CNRS

> Projection d’un épisode de Mémoires vives,  retraçant la rencontre entre Saïd Merabti, et les élèves du lycée professionnel Les canuts, à Vaulx-en-Velin

Saïd Merabti, né pendant la guerre d’indépendance, fils de harkis exilés en 1962, explique son parcours et celui de sa famille. L’engagement a été l’une des constantes de sa vie de citoyen. Outre des mandats syndicaux et politiques, il a assumé successivement et, sans contradiction, la défense de la culture berbère, les combats antiracistes et les revendications de reconnaissance des familles harkies.

> Rencontre avec l’anthropologue Giulia Fabbiano.
En France, les enfants d’anciens supplétifs algériens brisent le silence paternel dès le milieu des années 70. Quels sont les mutations et les enjeux spécifiques de cette expression mémorielle ?

Docteur en anthropologie et en sociologie, Giulia Fabbiano est chercheuse associée à l’IDEMEC à Aix-en-Provence et chargée de séminaire à l’EHESS. Dans le cadre de sa thèse de doctorat, soutenue en 2006, elle s’est intéressée aux narrations postcoloniales et, plus précisément, aux pratiques identitaires et mémorielles des descendants de harkis et d’immigrés algériens. Sa recherche a donné lieu à de nombreux articles et à un ouvrage, Hériter 1962. Harkis et immigrés algériens à l’épreuve des appartenances nationales, publié aux Presses universitaires de Paris Ouest en 2016.

CCO Jean-Pierre Lachaize
39 rue Georges Courteline
69100 Villeurbanne
http://www.cco-villeurbanne.org/accueil/
Participation : entrée libre


  • Mercredi 28 novembre 2018,  18 h
    Place et enjeux de l’enseignement de la guerre d’indépendance algérienne
    Café-histoire organisé en partenariat avec l’APHG,
    Association des professeurs d’histoire et de géographie
    ESPE Académie de Lyon – Université Lyon 1

Manuel scolaire

Une idée reçue souvent relayée par les médias voudrait que la guerre d’indépendance algérienne soit un sujet tabou, peu ou pas enseigné à l’école, alors qu’elle a sa place dans les programmes d’histoire depuis 1983. Ce rendez-vous, organisé par l’APHG, sera l’occasion de débattre de la place de ce conflit dans la mémoire nationale et dans l’enseignement secondaire.

> Interventions de Gilles Boyer et Arthur Grosjean

Gilles Boyer apportera un éclairage scientifique sur l’histoire de ces enseignements. A travers son expérience de professeur d’histoire-géographie en lycée, Arthur Grosjean évoquera notamment le rôle que peuvent jouer les témoignages d’acteurs et d’actrices de la guerre dans la conduite de cet enseignement.

ESPE Académie de Lyon – Université Lyon 1
5 rue Anselme
69004 Lyon
Participation : entrée libre


  • Vendredi 30 novembre 2018,  20 h
    Projection, Rencontre avec Rémi-Pierre Gouttenoire, ancien appelé responsable d’un commando de chasse composé de harkis.
    MJC – Centre Louise Michel – Ambérieu-en-Bugey

archive privée Gouttenoire

Rémi-Pierre Gouttenoire effectue un long service militaire en Algérie, à la fin du conflit. Affecté dans un commando de chasse composé de harkis, il doit procéder à leur licenciement au moment du cessez-le-feu. Face aux élèves, il parle de la manière dont il a occulté les souvenirs de son expérience algérienne avant d’y revenir à l’âge de la retraite. Il exprime le regret d’avoir abandonné ses hommes, sans mesurer à l’époque, quelles en seraient les conséquences pour eux.
Un épisode de Mémoires vives réalisé dans le cadre d’un atelier avec deux classes de 1ère du lycée de la Plaine-de-l’Ain.
Projection en présence de Rémi-Pierre Gouttenoire, Arthur Grosjean, enseignant, ainsi que d’élèves ayant réalisé le film.

  • Du mercredi 21 novembre au lundi 3 décembre 2018
    Exposition Parcours de harkis et de leurs familles
    MJC – Centre Louise Michel – Ambérieu-en-Bugey

Depuis la fin de la guerre d’Algérie, le mot harki se décline en une infinité de sens. Loyalistes et légalistes pour les uns, traîtres et collaborateurs pour les autres, les harkis font toujours – un demi-siècle après la guerre – l’objet d’un enjeu entre la France et l’Algérie. En parler revient presque toujours à rouvrir des plaies plus ou moins cicatrisées et, dans la plupart des cas, à susciter incompréhension et malaise que masquent difficilement une indifférence ou une méconnaissance.

Après 1962, le mot harki s’impose comme terme générique pour désigner l’ensemble des Français qui ont servi dans l’armée française en tant que supplétifs.

Cette exposition veut avant tout montrer, donner à voir et susciter l’intérêt en s’appuyant sur de nombreux documents d’archives et une masse iconographique considérable et organisée.

Elle offre au visiteur des clefs de compréhension, pour le pousser à réfléchir, à mieux comprendre cet épisode marquant de l’histoire de France.

MJC – Centre Louise Michel
Place Jules Ferry
01500 Ambérieu-en-Bugey
contact@mjc-amberieu.org / 04 74 38 24 15
Participation : entrée libre